4 avril 2026

Classement 2026 des enseignes préférées : Action en tête, IA et inflation redéfinissent la fidélité

Classement 2026 des enseignes préférées : Action en tête, IA et inflation redéfinissent la fidélité

Classement 2026 des enseignes préférées des Français : Action reste en tête

Pour la quatrième année consécutive, Action se place en tête du classement des « enseignes préférées des Français ». L'étude menée début février 2026 par EY‑Parthenon, auprès de 12 000 consommateurs et couvrant 213 enseignes, confirme la stabilité du top‑10 et met en lumière des évolutions structurelles du comportement d'achat.

Méthodologie et chiffres clés

L'enquête (réalisée en février 2026) interroge 12 000 Français et analyse 19 secteurs. Action arrive en tête avec 44,8 % de taux de fans, suivi de Leroy Merlin (40 %) et Decathlon (36,2 %). Sur six ans, Action a gagné +16 points de taux de fans, malgré un léger recul récent de ‑4 points, selon les résultats publiés.

L'étude souligne aussi des changements de fond dans les priorités des ménages : 85 % des foyers déclarent adapter leurs achats face à l'inflation, et 48 % des utilisateurs affirment avoir déjà pris une décision d'achat sur la base d'informations fournies par une IA.

Les lauréats et tendances sectorielles

Le palmarès conserve de nombreux noms historiques et quelques surprises sectorielles. Parmi les lauréats : Leclerc (alimentation générale), Picard (alimentaire spécialisé), Maxi Zoo (animalerie), McDonald's (restauration rapide), Buffalo Grill (restauration à table), Amazon (multimédia/électroménager), Ikea (décoration), Leroy Merlin (bricolage et jardinage), Sephora (beauté), Histoire d'Or (bijouterie) et Kiabi Enfant (mode enfants).

Decathlon reprend sa place de leader sur le sport après l'année 2024, tandis que Maxi Zoo devance désormais Zooplus en animalerie. Sur la RSE, Biocoop conserve le titre d'« enseigne engagée ».

Prix, omnicanalité et IA : les moteurs du classement

L'accessibilité prix reste un facteur déterminant : les enseignes mises en avant dans l'étude (Leclerc, Action, Leroy Merlin, Amazon, Picard et Decathlon) se distinguent par leur rapport qualité‑prix et leur politique de promotions. Les Français cherchent aussi à gagner du temps, ce qui profite aux formats de proximité et aux parcours digitaux.

L'étude met en exergue la montée de l'intelligence artificielle dans le parcours d'achat : outils de recommandation, comparateurs automatisés et assistants d'achat pèsent désormais sur les décisions. « 48 % des utilisateurs déclarent avoir déjà pris une décision d'achat basée uniquement sur des informations fournies par IA », rappelle le rapport.

La « fan economy » et les usages digitaux, selon Laetitia Lamari

Laetitia Lamari commente ces résultats en insistant sur la dimension communautaire et économique des fans d'enseignes : « Il y a un vrai business autour des fans. » Elle décrit une économie informelle qui s'est développée autour d'Action : des créatrices de contenus (notamment sur TikTok) publient des « halls » et des bons plans, monétisent leurs vidéos et réinvestissent ensuite dans l'enseigne.

Laetitia ajoute : « C'était quasiment son job full time » pour certaines d'entre elles, citant des exemples de consommatrices dépensant « en moyenne une centaine d'euros chez Action toutes les semaines » afin de dénicher des produits à fort potentiel viral.

Réactions et interrogations de terrain par Adrien Naeem

Adrien Naeem souligne la distance qui peut exister entre la perception globale et l'expérience individuelle des consommateurs, en prenant quelques exemples de la vie quotidienne : « C'est quand la dernière fois que tu as mis les pieds dans un Buffalo ? » ou encore sur des enseignes comme Histoire d'Or ou Maxi Zoo, qui peuvent apparaître dans le palmarès alors qu'elles ne font pas partie du quotidien de tous.

Son observation illustre un point central de l'étude : la préférence de marque ne se décrète pas uniquement par la fréquentation régulière, mais par un ensemble d'attaches émotionnelles, de rapport qualité‑prix et d'usage digital.

Enjeux pour les enseignes

Pour les distributeurs, la leçon est double : renforcer l'attractivité prix sans négliger l'expérience client, et intégrer l'IA dans les parcours tout en restant cohérent sur les enjeux RSE. L'étude note aussi que, malgré une meilleure sensibilité à la durabilité, la note moyenne sur le développement durable reste la plus faible (55/100).

À court terme, la quête de bonnes affaires amplifiée par l'inflation et l'essor des assistants IA devrait continuer de redistribuer les cartes de l'attachement des Français aux enseignes. Les marques qui sauront conjuguer prix attractifs, proximité et parcours digitaux pertinents auront un avantage durable.


Intervenants cités : Laetitia Lamari, Adrien Naeem.