27 mai 2026
50% des cadres utilisent l'IA au travail, selon l'Apec (mai 2026)
50% des cadres utilisent l'IA au travail, selon l'Apec (mai 2026)
Une étude de l'Apec publiée le 21 mai 2026 montre une adoption rapide de l'intelligence artificielle générative dans les entreprises françaises : 50 % des cadres disent l'utiliser désormais dans leur travail, en hausse de 15 points en un an.
Ce que dit l'étude
- Enquête réalisée en mars 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 cadres.
- 50 % des cadres utilisent l'IA générative (ChatGPT, Gemini, Claude, etc.), contre 35 % un an plus tôt.
- 21 % déclarent l'utiliser « tous les jours ou presque », contre 12 % en 2025.
- Usage hebdomadaire chez les moins de 35 ans : 62 % (+20 points).
L'étude détaille aussi les usages : 77 % l'emploient pour chercher des idées, 74 % pour rédiger rapports et courriels, 73 % pour obtenir une analyse sur un problème, 72 % pour analyser des données et 61 % pour automatiser des tâches simples.
"Saturation, après la saturation, c'est l'explosion"
Adrien Naeem, intervenant sur le sujet, résume la dynamique en des termes crus : "Saturation, après la saturation, c'est l'explosion." Il précise que les principaux outils — ChatGPT, Gemini, Claude — sont « principalement sollicités pour gagner en efficacité au quotidien » et qu'« ils servent à chercher des idées, rédiger des rapports complexes ou formuler des emails. »
Points de vue et interprétations
Laetitia Lamari souligne que cette adoption traduit un changement de paradigme : l'IA n'est plus seulement un outil ponctuel, mais un assistant opérationnel destiné à doper la productivité des équipes. Selon elle, la progression rapide chez les jeunes cadres montre aussi une recomposition des pratiques de travail et des attentes en matière de compétences.
Adrien Naeem ajoute que cette généralisation crée des opportunités d'efficience mais soulève des défis organisationnels : gouvernance des usages, qualité des livrables et formation continue.
Les entreprises entre acceptation et accompagnement
L'enquête complémentaire menée auprès de 1 000 entreprises indique que l'acceptation et l'encouragement de l'IA progressent :
- ETI et grands groupes : 70 % acceptent l'usage, 53 % l'encouragent (hausse de 13 points en un an).
- PME : acceptation majoritaire à 53 %, encouragement à 40 % (gain de 7 points).
- Plus d'un quart des grandes entreprises ont adopté des chartes d'usage et plus d'un tiers proposent des formations dédiées.
Ces chiffres montrent une montée en puissance de l'encadrement, mais aussi la nécessité d'équilibrer innovation et contrôle.
Conséquences sur les métiers et la formation
La moitié des cadres estime que l'IA aura un impact fort sur l'ensemble des métiers cadres ; 39 % jugent qu'elle affectera fortement leur propre profession. Deux tiers se disent convaincus de la nécessité de développer leurs compétences en IA.
L'enjeu immédiat pour les entreprises est double : investir dans la formation pour éviter des ruptures de compétences, et définir des règles claires pour sécuriser les pratiques (confidentialité, fiabilité des analyses, responsabilité des décisions).
Conclusion
L'Apec constate une adoption rapide et multi-fonctionnelle de l'IA générative au sein des cadres français. Comme le résume Adrien Naeem, la période actuelle ressemble à une explosion d'usages ; pour Laetitia Lamari, il s'agit d'une transformation structurelle qui impose d'investir massivement dans l'encadrement et dans les compétences.
Publié le 21/05/2026. Sources : Apec, enquête mars 2026.