8 novembre 2026

BHV : un projet « made in France » vise à reprendre une partie du grand magasin

BHV : un projet « made in France » vise à reprendre une partie du grand magasin

BHV : un projet « made in France » vise à reprendre une partie du grand magasin

Par Laetitia Lamari et Adrien Naeem

Publié le 4 novembre 2026 — Paris

Un duo propose un nouveau cap pour le BHV

Le BHV, placé en redressement judiciaire, attire des repreneurs. Émilie Auvray et Charles Huet, déjà exploitants d’une boutique de 200 m² face au BHV depuis plus d’un an, ont déposé une candidature pour reprendre une partie du bâtiment historique de la rue de Rivoli.

Leur projet vise à exploiter environ un tiers du grand magasin sur cinq niveaux, avec pour objectif de préserver 250 emplois, selon les éléments rendus publics.

Un concept centré sur le made in France

Le cœur de l’offre proposée repose sur un catalogue de 900 marques, structuré autour d’une logique de production locale : 90 % de produits made in France, 5 % de produits européens et 5 % d’articles d’occasion. Cette orientation, expliquée par les porteurs du projet, se veut une rupture assumée avec la fast fashion et le modèle historique qui a mené le BHV à la situation actuelle.

Des acteurs et un passé qui pèsent

Le dossier rappelle une anecdote sur Frédéric Merlin, ancien repreneur du BHV : après être entré un jour dans la boutique d’Émilie et Charles, il leur avait proposé de les racheter. Les deux entrepreneurs avaient alors refusé. Aujourd’hui, ce sont eux qui se portent candidats pour reprendre une part du grand magasin.

Analyse : risques et enjeux

Laetitia Lamari, qui suit le dossier, souligne que « le projet repose sur une forte sélection d’offre et sur une promesse de différenciation claire ». Elle estime que la faisabilité commerciale dépendra de la capacité du duo à transformer le flux historique du BHV en clientèle attachée au local et à la consommation responsable.

Adrien Naeem, commentant le tournant stratégique, note : « J'entends encore ceux qui disent : “Ah TikTok Shop, ça fonctionnera jamais, ça est nul.” C'est peut‑être nul, mais en tout cas, ça fonctionne. » Il ajoute, au sujet du projet Auvray–Huet, « On a hâte de voir si l'offre va être acceptée. »

Ce que l’on sait et ce qui reste à confirmer

Faits avérés : le placement en redressement judiciaire du BHV, la candidature d’Émilie Auvray et Charles Huet, la surface de leur boutique actuelle (200 m²), l’ambition d’occuper un tiers du bâtiment sur cinq niveaux, la promesse de préserver 250 emplois et la composition annoncée des 900 marques (90 % made in France, 5 % Europe, 5 % seconde main).

Points à suivre : la décision du tribunal et des administrateurs judiciaires sur l’acceptation de l’offre, les modalités de reprise des baux et des activités, et la capacité opérationnelle du duo à déployer un grand magasin sur plusieurs niveaux tout en respectant l’équilibre financier.

Enjeux pour le retail parisien

Si l’offre est acceptée, elle représenterait un signal fort pour le retour d’un positionnement responsable dans un grand magasin historique du centre de Paris. La réussite de l’opération dépendra de la synergie entre l’identité commerciale revendiquée (made in France, seconde main) et la transformation opérationnelle d’un site qui doit aussi gérer la pression immobilière et touristique de la rue de Rivoli.

La décision finale est attendue par le marché : elle pourrait dessiner une voie de reconquête pour certains grands magasins, mais nécessitera des validations financières, logistiques et juridiques avant toute mise en œuvre.


Contacts dans l’article : Émilie Auvray, Charles Huet, Frédéric Merlin. Références : dossier public relatif au redressement judiciaire du BHV et communiqué de candidature paru le 4 novembre 2026.