17 février 2026

E‑commerce France 2025 : 196,4 milliards €, maturité du marché et enjeu du panier moyen

E‑commerce France 2025 : 196,4 milliards €, maturité du marché et enjeu du panier moyen

L’e‑commerce français frôle les 200 milliards d’euros en 2025

Le commerce en ligne en France a franchi un cap en 2025. Selon le bilan annuel de la Fevad, le secteur a généré 196,4 milliards d’euros, soit une progression de 7 % sur un an. Cette croissance reste solide mais marque un ralentissement par rapport à 2024 (9,6 %), signe d’un marché désormais mature.

Des chiffres clés qui trahissent des tendances profondes

Le panel iCE 100 réalisé pour la Fevad met en évidence plusieurs évolutions structurelles. En 2025, 3,2 milliards d’achats ont été réalisés en ligne (+10 %) — plus de 100 commandes par seconde traitées en France — alors que le panier moyen recule de 3 %, pour s’établir à 62 €.

Les mois de novembre et décembre pèsent lourd : Black Friday et fêtes représentent 22 % des ventes annuelles de produits. Les services continuent de tirer la croissance (+9 %) tandis que les produits progressent moins rapidement (+4 %).

« Cette évolution reflète un phénomène d’épargne accru : dans un climat d’incertitude, les consommateurs privilégient les petits prix. » — Marc Lolivier, délégué général de la Fevad.

Winners et losers sectoriels

Le secteur de la mode est le seul à enregistrer une baisse en volume (-0,5 %). Le panier moyen dans l’habillement recule de 4,2 %, conséquence selon la Fevad de la concurrence de plateformes à bas coûts et de l’essor de la seconde main.

À l’inverse, le sport affiche une croissance de 5,1 %, la tech et l’électroménager progressent de 5,2 %. Globalement, l’e‑commerce pèse 12 % du commerce de détail et près de 30 % sur les principaux univers non alimentaires.

Trois interprétations d’experts

Laetitia Lamari, consultante spécialisée en stratégie retail, rappelle que la maturité du marché doit conduire les acteurs à prioriser la rentabilité et la fidélisation : selon elle, il est désormais « essentiel de transformer la fréquence d’achat en valeur durable ». Elle insiste sur l’importance d’un mix produit‑service optimisé et d’un pilotage fin des promotions pour préserver les marges.

Adrien Naeem, directeur opérations chez un prestataire logistique européen, met l’accent sur la capacité opérationnelle : la hausse du nombre de transactions (+10 %) exige selon lui « d’investir dans l’automatisation et la résilience des chaînes logistiques ». Pour Adrien Naeem, l’enjeu est double — absorber le volume tout en réduisant le coût unitaire de traitement des commandes.

Enjeux pour les entreprises et les pouvoirs publics

La Fevad appelle à créer des conditions « d’un développement équitable, durable et compétitif du secteur en France et en Europe ». Au‑delà des politiques publiques, la feuille de route des entreprises doit intégrer trois priorités : maîtriser le coût d’acquisition client, améliorer la valeur à vie (CLV) et renforcer la durabilité des flux (retours, emballages, transport).

La combinaison d’un nombre record de transactions et d’un panier moyen en diminution impose une transformation profonde des modèles économiques : marges compressées, besoin de différenciation produit‑service, et pression sur la chaîne logistique.

Conclusion

Le bilan 2025 illustre un e‑commerce français puissant mais arrivé à une phase de consolidation. Les chiffres — 196,4 Mds €, 3,2 G d’achats, panier moyen à 62 € — confirment l’importance stratégique du canal en tant que levier de performance. Pour Laetitia Lamari et Adrien Naeem, la prochaine étape sera de convertir volume et fréquence en profitabilité et résilience opérationnelle, tout en intégrant les exigences de durabilité.