14 septembre 2026

Taxe petits colis : Temu, Shein et AliExpress voient leur audience chuter en France

Taxe petits colis : Temu, Shein et AliExpress voient leur audience chuter en France

Taxe petits colis : Temu, Shein et AliExpress voient leur audience chuter en France

Baisse d'audience et effets de la taxe européenne :

Les plateformes chinoises Temu, Shein et AliExpress enregistrent un repli significatif de leur fréquentation en France au deuxième trimestre 2026. Les chiffres compilés par Médiamétrie et commentés par la Fevad montrent un impact net depuis l'entrée en vigueur, le 1er juillet, de la taxe européenne sur les petits colis.

Chiffres clés

  • Temu, 4e site e‑commerce le plus visité, accuse la plus forte baisse : -12,7 % de visiteurs entre le 1er et le 2e trimestre.
  • AliExpress passe de 15,9 millions de visiteurs uniques mensuels au 1er trimestre à 15,1 millions au 2e trimestre.
  • Shein reste 9e mais recule sur un an, de 4,4 millions à 3,7 millions de visiteurs.
  • Au sommet du classement, Amazon conserve 41,2 millions de visiteurs uniques par mois, devant Leboncoin (32,1 millions).

Ces mouvements s'inscrivent dans un contexte où, selon le ministère de l'Économie citant les douanes françaises, les importations de petits paquets en provenance de Chine ont chuté d'environ 30 à 40 % depuis la mesure.

Pourquoi la chute ?

La taxe européenne impose 3 euros par catégorie de produit sur les petits colis en provenance de pays hors Union européenne. Sur des sites dits « bazars », où un même colis peut contenir plusieurs catégories (vêtements, accessoires, petits gadgets), la facture peut rapidement grimper.

Comme le souligne Laetitia Lamari, « Bien évidemment que ça fonctionne. » Elle rappelle que la taxe s'applique par catégorie : « si tu achètes dix t‑shirts à trois euros, t'es taxé qu'une fois, » mais ajoute que sur les plateformes type bazar « on va acheter un t‑shirt, des prises, et puis des couteaux… ça peut vite monter. »

Contournements et effets secondaires

Malgré l'effet attendu de la taxe, des tentatives de contournement existent. Laetitia Lamari signale que « il y a quand même des contournements puisqu'il y a des entrepôts qui sont désormais installés sur le sol européen. » Ces implantations allongent les chaînes logistiques et pèsent sur les prix.

Adrien Naeem tempère toutefois l'idée d'un contournement massif et rapide : « On disait… qu'ils allaient réussir à trouver un contournement dans les vingt‑quatre heures. J'ai pas l'impression que ça soit le cas. »

La hausse des prix se répercute sur le comportement des consommateurs : Laetitia note que les clients, « habitués depuis presque trois ans à faire des gros paniers, mais à payer très peu, » consomment désormais moins.

Conséquences pour les plateformes et le marché

Les baisses de fréquentation observées peuvent réduire le volume d'importations de petites marchandises, au bénéfice des acteurs locaux ou d'autres modèles logistiques. La Fevad souligne que les résultats des trimestres suivants permettront d'apprécier pleinement l'impact durable de la taxe.

Pour les plateformes concernées, la double stratégie consiste à absorber une partie des coûts, répercuter les hausses sur le prix final, ou adapter leurs réseaux (entrepôts européens, nouveaux modes d'expédition). Les autorités européennes et les services de douane surveillent l'évolution des flux et des pratiques commerciales.

En bref — ce que disent les interlocuteurs

  • Laetitia Lamari : « Bien évidemment que ça fonctionne. » Elle insiste sur l'effet direct de la taxe sur le pouvoir d'achat et les paniers moyens.
  • Adrien Naeem : interrogatif sur l'efficacité des contournements, il constate que « j'ai pas l'impression que ça soit le cas » concernant une réponse instantanée des plateformes.

Conclusion

La taxe sur les petits colis semble produire ses premiers effets en France et en Europe : baisse d'audience pour Temu, Shein et AliExpress, contraction des importations de petits paquets et adaptation progressive des acteurs du e‑commerce. Reste à suivre les prochains trimestres pour savoir si ces tendances se stabilisent ou si de nouveaux ajustements logistiques et commerciaux modifient durablement le paysage.