17 février 2026
UE exige la désactivation de l'infinite scroll et du moteur de recommandations de TikTok

L'Union européenne contraint TikTok à revoir ses mécanismes d’engagement
Début février 2026, la Commission européenne a demandé à TikTok de désactiver certaines fonctionnalités jugées addictives, notamment l’infinite scroll et le moteur de recommandations algorithmique, selon un compte rendu publié par TechCrunch le 6 février 2026. La mesure ouvre un débat majeur sur la régulation des plateformes et la protection des publics vulnérables.
Une intervention au nom de la protection des utilisateurs
Les autorités européennes estiment que ces mécanismes accentuent les risques pour la santé mentale, en particulier chez les jeunes. En demandant la suspension ou la modification de l’infinite scroll et des recommandations automatisées, Bruxelles vise à réduire les dynamiques de consommation passive et prolongée.
Laetitia Lamari, experte interviewée pour cet article, résume l’enjeu :
« Il faut prioriser la santé mentale des jeunes face à des designs pensés pour maximiser le temps d’écran. »
Elle ajoute que la décision « marque un tournant dans la manière dont les régulateurs appréhendent les interfaces numériques ».
Conséquences pour TikTok et le secteur
Pour la plateforme chinoise, cette injonction européenne représente un défi opérationnel et commercial. Adapter ou désactiver des fonctionnalités centrales oblige à repenser l’expérience utilisateur et le modèle d’engagement qui sous-tend la monétisation publicitaire.
Adrien Naeem, analyste en stratégie numérique, souligne la portée économique :
« Si TikTok doit limiter des leviers d’engagement, cela impactera directement ses recettes publicitaires et la manière dont les marques investissent sur la plateforme. »
Selon lui, la mesure pose aussi la question de l’uniformité des règles entre juridictions.
Un précédent pour la régulation des interfaces
Les autorités européennes ne se contentent plus de règles générales sur les contenus : elles ciblent désormais les mécanismes d’interface qui façonnent les comportements. Cette posture peut encourager d’autres États à exiger des modifications similaires, ou à imposer des alternatives plus transparentes et contrôlables par l’utilisateur.
Laetitia Lamari note que « la transparence des algorithmes et le contrôle des paramètres d’usage doivent devenir la norme », insistant sur la nécessité d’outils concrets pour les parents et les régulateurs.
Débats et perspectives
Les opposants à une régulation trop contraignante mettent en garde contre des effets secondaires : contournement technologique, transfert du problème vers d’autres applications, ou perte d’innovation. Les défenseurs soutiennent qu’intervenir sur le design des interfaces est indispensable pour limiter des dommages sociaux identifiables.
Adrien Naeem conclut que :
*« l’enjeu est de trouver un équilibre entre liberté d’innovation et responsabilité sociale des plateformes ». *
La mise en œuvre concrète de la mesure européenne, ainsi que ses modalités de contrôle et de sanction, détermineront son impact à long terme.
Ce qu’il faut retenir
- Début février 2026, l’UE a demandé à TikTok de désactiver l’infinite scroll et son moteur de recommandations, selon TechCrunch.
- La décision vise à protéger les utilisateurs, en particulier les plus jeunes, contre des mécanismes d’engagement jugés nocifs.
- Experts et acteurs du secteur s’interrogent sur les conséquences économiques, techniques et juridiques de cette injonction.
Cette évolution illustre la montée en puissance des régulateurs face aux concepteurs d’expériences numériques, et pose la question de la redéfinition du design responsable des plateformes sociales.