14 octobre 2026

Manus relance Manus 2.0 et Cue : des agents IA qui téléphonent, paient et agissent en votre nom

Manus relance Manus 2.0 et Cue : des agents IA qui téléphonent, paient et agissent en votre nom

Manus relance Manus 2.0 et Cue : des agents IA qui téléphonent, paient et agissent en votre nom

Par Laetitia Lamari et Adrien Naeem — analyse et témoignages

Manus, la start-up chinoise auparavant liée à une tentative d'acquisition par Meta, a présenté Manus 2.0 et l'application Cue. Ces nouveautés poussent encore plus loin le concept d'« agent » : des intelligences artificielles dotées d'un numéro de téléphone, d'une adresse e-mail, d'un ordinateur dans le cloud et d'un portefeuille pour agir au nom de l'utilisateur.

"Séparé de Meta il n'y a pas très longtemps", rappelle Laetitia Lamari, avant d'ajouter que "cette nouvelle application pousse encore plus loin… le principe de l'assistant personnel très, très puissant".

Un retour stratégique après l'échec du rachat par Meta

Fin 2025, Meta avait annoncé un accord visant à acquérir Manus pour 2 milliards de dollars. Les autorités chinoises ont ouvert une enquête début 2026 puis ont bloqué l'opération au printemps ; la séparation a été officialisée en juin 2026. Manus a retrouvé son indépendance en août et a relancé ses activités début septembre.

La présentation de Manus 2.0 intervient donc quelques mois après cet échouage : un signal fort de la start-up pour reprendre la main sur sa feuille de route produit et commerciale.

Cue : des agents autonomes avec numéro, mail et portefeuille

Cue n'est pas un simple assistant de réponse. Chaque agent peut envoyer des messages, effectuer des paiements et mener une tâche jusqu'à son terme en respectant les limites fixées par l'utilisateur. L'agent opère depuis sa propre machine dans le cloud, sans utiliser l'ordinateur personnel du propriétaire.

Concrètement, un agent peut prendre un appel, résumer la conversation dans l'application, scanner un QR code dans un restaurant pour commander, ou réserver une place dans une file d'attente. Plusieurs agents peuvent fonctionner simultanément pour gérer des workflows parallèles.

Une architecture optimisée pour réduire les coûts : Cascade et Automations

Manus 2.0 repose sur une architecture nommée Cascade, également mise en œuvre pour les agents de Cue. Selon la start-up, lors de tests internes Cascade a réduit l'utilisation de jetons de 23,2 %, achevé les tâches 28,2 % plus rapidement et diminué les coûts d'environ 32 %.

La plateforme inclut Automations, qui déclenchent des tâches en réponse à la réception d'un e‑mail, d'un message Slack, d'un événement de calendrier ou d'une mise à jour Notion. Un Cloud Computer permet à l'agent de continuer à fonctionner même si l'appareil de l'utilisateur est éteint.

Enjeux commerciaux et réglementaires

Pour Adrien Naeem, ces évolutions posent plusieurs enjeux : d'une part, une question de confiance et de sécurité — confier un portefeuille ou la capacité d'effectuer des paiements exige des garanties fortes ; d'autre part, un enjeu concurrentiel vis‑à‑vis de Meta, qui déploie son propre agent, Muse.

Selon Naeem, "la capacité d'un agent à agir de façon autonome transforme la relation utilisateur‑service, mais cela accroît aussi la surface réglementaire et les attentes en matière de protection des données". Il souligne que l'intervention des autorités chinoises dans le dossier Manus rappelle la sensibilité géopolitique de ces technologies.

Accès, disponibilité et modèle économique

Cue est pour l'instant en accès limité, sur invitation et gratuit lors de la phase d'essai. L'application fonctionne sur le Web, sur ordinateur et sur mobile. La version iPhone n'a pas encore reçu l'approbation de l'App Store. Le modèle tarifaire et une disponibilité en Europe n'ont pas été communiqués.

Ce que cela change

Manus 2.0 et Cue montrent que l'écosystème des agents IA entre dans une phase d'agents « opérateurs » : ils ne se contentent plus de suggérer une action, ils peuvent la réaliser concrètement. Côté entreprises, cela ouvre des opportunités d'automatisation sophistiquée ; côté régulateurs et utilisateurs, cela soulève des questions de sécurité, d'identité et de responsabilité.

Laetitia Lamari conclut : "On est en plein… dans l'agentique", une formule qui résume l'ambition de Manus : faire des agents autonomes des extensions opérationnelles des utilisateurs.


Sources : annonces publiques de Manus, communiqué et analyses publiés début septembre 2026 ; historique du rachat avorté par Meta annoncé fin 2025 (montant : 2 milliards de dollars) et blocage par les autorités chinoises en 2026.