1 mars 2026
IA générative et e‑commerce : 54% des Français ont déjà acheté via ces outils, selon BNP Paribas

IA générative et e‑commerce : un point d'entrée devenu réalité
Une étude de BNP Paribas Personal Finance (février 2026), baptisée SOFA Economics, met en lumière un changement structurel des parcours d'achat en France. L'e‑commerce ne se contente plus d'être une alternative aux points de vente physiques : il est intégré au quotidien, et l'intelligence artificielle générative commence à jouer un rôle concret dans la conversion.
Chiffres clés de l'étude
54% des répondants affirment avoir déjà réalisé un achat à la suite d'une recherche via une IA générative, proportion qui atteint 70% chez les profils les plus avancés numériquement.
72% des Français achètent en ligne au moins une fois par mois ; 93% d'entre eux le font depuis leur domicile et 40% « depuis leur canapé ».
Le smartphone domine les usages : 65% des consommateurs SOFA achètent via mobile, contre 54% sur ordinateur portable et 29% sur poste fixe.
Le comportement d'achat est devenu continu : 77% achètent tout au long de l'année, et la fluidité technique reste cruciale — 76% déclarent renoncer à un achat si le site est trop lent, 80% si l'interface est jugée trop complexe.
Enfin, 67% jugent les recommandations pertinentes, mais seulement 45% achètent régulièrement après ces suggestions.
Ce que disent les intervenants
Adrien Naeem souligne la montée en puissance de ces interfaces: "Plus d'un Français sur deux a déjà acheté via une IA générative." Il insiste sur l'évolution des points d'entrée commerciaux : "Avec des fonctionnalités comme Instant Checkout ou Search GPT… les IA deviennent progressivement des points d'entrée vers l'offre commerciale."
Pour Adrien, la suite est limpide : "L'achat directement dans le LLM, c'est quelque chose qui va exploser ces prochaines années." Il met en garde les entreprises : la bataille de la visibilité ne se joue plus seulement sur les pages web, mais dans les réponses synthétisées par les modèles.
Laetitia Lamari, de son côté, invite à la prudence opérationnelle. Elle rappelle que la mention « via une IA générative » recouvre des réalités diverses — conseils personnalisés, assistants de recherche, intégration de boutons d'achat — et que les marques doivent clarifier comment leurs catalogues sont exposés et indexés par ces outils.
Enjeux pour les commerçants et l'écosystème tech
L'étude pose un impératif technique et stratégique : être présent dans les flux que consomment les IA. Concrètement, cela implique une meilleure structuration des métadonnées, l'ouverture de catalogues via API compatibles et l'optimisation des tunnels d'achat pour des intégrations type Instant Checkout ou protocoles comme le UCP de Google.
La conversion dépendra davantage de la qualité des données produits et de la capacité des plateformes à s'intégrer aux nouveaux points d'entrée conversationnels. Les directions e‑commerce et IT doivent prioriser la rapidité, la simplicité et la compatibilité technique pour ne pas perdre la part de marché amenée par ces interfaces.
Risques et points de vigilance
Les recommandations algorithmiques convainquent, mais ne convertissent pas systématiquement. L'étude montre un écart entre perception et acte d'achat : pertinence reconnue (67%) mais conversion limitée (45%). Les intervenants soulignent plusieurs risques : opacité des critères de hiérarchisation, dépendance à des intermédiaires techniques, et nécessité d'assurer conformité et transparence dans les recommandations.
Conclusion
La transformation observée par SOFA Economics confirme que l'IA générative est déjà intégrée aux parcours d'achat en France. Comme le résume Adrien Naeem, "les IA deviennent progressivement des points d'entrée vers l'offre commerciale", et l'achat directement dans les modèles linguistiques devrait croître fortement. Pour les acteurs du commerce, l'enjeu est clair : adapter leurs flux, leurs métadonnées et leurs infrastructures pour exister dans ces nouvelles réponses automatisées, tout en maîtrisant les risques de dépendance et de perte de contrôle sur la visibilité des offres.