1 janvier 1970
Shein et l’ultra‑fast fashion : 63 entreprises françaises, dont Coopérative U, se mobilisent

Mobilisation contre le modèle de l'ultra‑fast fashion
Soixante‑trois entreprises et douze fédérations du commerce ont lancé une initiative collective le 19 novembre visant le modèle de la grande plateforme chinoise Shein. « Soixante‑trois entreprises, dont Coopérative U et douze fédérations se mobilisent face au modèle du géant chinois », rappelle Laetitia Lamari, soulignant l’ampleur du mouvement.
Un front commun des commerçants
Les signataires représentent, au total, près d’une centaine de marques, parmi lesquelles Promod, Coopérative U, Grain de Malice, Monoprix et le groupe Besson. L’initiative vise à attirer l’attention des autorités et du grand public sur les pratiques commerciales de la plateforme, considérée par ces acteurs comme emblématique du phénomène dit d’ultra‑fast fashion.
Convocation parlementaire et calendrier
Shein a été convoquée par des députés pour être entendue devant la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale le 26 novembre — convocation qui pourrait être reportée. Cette convocation vise à examiner les effets économiques, environnementaux et réglementaires de l’activité des plateformes d’importation de vêtements à bas coût.
Les revendications des commerçants
Dominique Schulcher, PDG de Coopérative U, résume l’exigence centrale du collectif : « Le plus important, c’est que la plateforme comprenne qu’elle doit se mettre en conformité aux règles du commerce français. » Les fédérations et enseignes signataires appellent ainsi à l’application effective des règles fiscales, sociales et de conformité produit, qu’elles estiment contournées par le modèle en question.
Enjeux économiques et réglementaires
Les acteurs mobilisés mettent en avant deux enjeux principaux : la concurrence déloyale envers les distributeurs établis en France, et l’impact environnemental lié à l’intensité de production et à la logistique internationale. Sur le plan réglementaire, la question porte sur l’effectivité des contrôles aux frontières, la transparence des chaînes d’approvisionnement et l’application des obligations fiscales et sociales.
Analyse et perspectives
Laetitia Lamari, qui relate la mobilisation, insiste sur la dimension collective du signal envoyé aux autorités et aux plateformes étrangères. Adrien Naeem, intervenant sur le dossier, apporte un angle de contexte économique et rappelle la complexité des mesures à mettre en œuvre pour concilier libre‑échange, compétitivité et respect des normes nationales.
La procédure parlementaire qui s’annonce devrait permettre d’éclairer les marges d’action des pouvoirs publics : sanctions, contrôles renforcés, ou adaptations législatives. Les enseignes françaises attendent désormais des réponses opérationnelles, afin que les règles du commerce appliquées sur le territoire national soient effectives pour tous les acteurs, nationaux comme étrangers.
Ce que les signataires demandent
En synthèse, le collectif réclame :
- l’application stricte des règles fiscales et sociales ;
- le respect des normes produit et de sécurité ;
- une concurrence équitable pour les distributeurs locaux ;
- davantage de transparence sur les chaînes d’approvisionnement.
La mobilisation de ces 63 entreprises et des douze fédérations ouvre un nouveau front de discussion sur la régulation des plateformes transfrontalières et sur la défense des filières commerciales et industrielles françaises face à l’essor de l’ultra‑fast fashion.