17 février 2026

Live shopping en France : +427% de chiffre d'affaires, +900% de vendeurs

Live shopping en France : +427% de chiffre d'affaires, +900% de vendeurs

Live shopping en France : un essor fulgurant

Le live shopping confirme sa percée sur le marché français : hausse spectaculaire du volume d'affaires, multiplication des vendeurs et réorganisation des stratégies commerciales. Deux experts analysent les chiffres et les enjeux.

Des chiffres qui parlent

Selon une étude de la plateforme Whatnot, le volume d'affaires généré par le live shopping en France a augmenté de 427% en un an, tandis que le nombre de vendeurs actifs a bondi de près de 900%. Aujourd'hui, 84% des vendeurs français interrogés considèrent ce canal comme déterminant pour leur activité (Whatnot, 2026).

Ce mouvement s'inscrit dans une dynamique plus large : McKinsey estime que le live commerce pourrait représenter 10 à 20% de l'e‑commerce mondial d'ici 2026, et la publicité digitale française a atteint 12,4 milliards d'euros en 2025 selon la Fevad, alimentée notamment par la vidéo et les réseaux sociaux.

Performances et disparités selon la fréquence

Les gains ne sont pas homogènes. Un vendeur quotidien peut générer en moyenne 17 000 € par mois, contre 122 € pour un vendeur occasionnel. Certains segments — cartes à collectionner, sneakers, produits de luxe, mode — voient des performances hebdomadaires autour de 3 000 €, tandis que l'artisanat, la beauté ou l'alimentation locale profitent du format lorsque le produit se prête à la démonstration.

Laetitia Lamari, consultante en stratégie digitale, souligne : « Le live shopping réunit démonstration produit et interaction en temps réel — c'est une expérience qui transforme la considération en acte d'achat. »

Accessibilité technique et organisation

Le succès tient aussi à la faible barrière d'entrée : un smartphone, un micro et un éclairage basique suffisent pour débuter. Mais la contrainte réelle reste organisationnelle : instaurer un rendez‑vous régulier et préparer des sessions structurées.

Adrien Naeem, spécialiste du commerce numérique, insiste sur la discipline requise : « La régularité et la préparation sont les deux leviers qui distinguent un vendeur occasionnel d'un animateur performant. » Il recommande de commencer par une à deux sessions mensuelles de 30 à 45 minutes pour tester le format sans perturber l'activité.

Un levier rentable si bien structuré

Les données montrent que la fréquence et la préparation sont déterminantes. Les experts préconisent une montée en charge progressive : tester la durée, affiner l'angle narratif, soigner la logistique du paiement et prévoir un suivi client dédié.

Par ailleurs, le format crée des opportunités marketing : storytelling autour du savoir‑faire, démonstration en live, réponses aux objections en direct. Pour beaucoup de petites entreprises, le live shopping devient à la fois canal de notoriété et moteur de ventes.

Quels risques et quelles limites ?

Le live shopping n'est pas une solution miracle. Les principales limites identifiées sont la capacité à maintenir un rythme, la nécessité d'un modèle d'inventaire adapté et la gestion des retours. La monétisation durable dépend aussi de la fidélisation de l'audience et de l'intégration fluide des parcours d'achat.

Laetitia Lamari rappelle : « Ce n'est pas seulement la technologie qui compte, mais la capacité à instaurer un rendez‑vous et à raconter une histoire autour du produit. »

Conclusion

Le live shopping s'impose en France comme un canal en forte croissance, transformant certaines niches en marchés rentables et forçant les acteurs traditionnels à repenser leurs stratégies vidéo et sociales. Si les chiffres (Whatnot, McKinsey, Fevad) confirment un potentiel massif, la réussite dépendra des capacités des vendeurs à structurer leurs sessions, à investir dans la régularité et à créer une véritable relation en direct avec leurs clients.

Sources principales : étude Whatnot (2026), estimations McKinsey, données Fevad (2025).