8 mai 2026
Le Slip Français : troisième usine B2B dédiée à la gamme Fier(T) et stratégie d'hyperspécialisation

Le Slip Français : troisième usine B2B dédiée à la gamme Fier(T)
Par un correspondant économique
Un développement industriel ciblé
Le Slip Français a inauguré une troisième unité de production destinée au B2B, consacrée principalement à la fabrication de la gamme Fier(T) — tee-shirts, sweats et polos. Cette ouverture s'ajoute aux usines Bonne Nouvelle (Aubervilliers, 2023) et La Belle Paire (Limoges, février 2026), formant désormais un maillage productif plus dense et segmenté.
La nouvelle unité s'étend sur 200 mètres carrés et emploie 25 personnes. Elle est équipée de 30 machines, dont deux automates de dernière génération, et vient s'adosser au site Bonne Nouvelle pour spécialiser davantage les lignes de production.
Une logique d'hyperspécialisation
Pour Laetitia Lamari, interrogée sur cette trajectoire industrielle, « "cette multiplication d'usines… vient révéler la logique d'hyperspécialisation." » Elle souligne que "chaque site optimise une chaîne de production et de distribution pour maximiser l'efficacité et la qualité sur des segments bien distincts."
Adrien Naeem, analyste industriel, estime pour sa part que cette stratégie vise à réduire les coûts unitaires par la massification des lignes et à sécuriser les approvisionnements via des circuits courts, facilitant l'accès aux marchés B2B et à la grande distribution.
Résultats commerciaux et ambitions
La ligne Fier(T), lancée en novembre 2025, propose un tee-shirt « 100 % tricoté, teint et confectionné en France », vendu au prix de gros de 7,90 euros HT. Selon l'entreprise, plus de 70 sociétés ont déjà commandé pour un volume dépassant les 55 000 pièces en moins d'un semestre.
Ces volumes alimentent la stratégie de massification : Bonne Nouvelle conserve une activité soutenue (site de 700 m², 55 salariés, jusqu'à 4 500 pièces produites par jour, soit 1,5 million d'articles de lingerie par an) tandis que La Belle Paire visait, après un investissement de 300 000 euros pour l'achat de 13 machines, une production de 400 000 paires de chaussettes pour l'exercice 2026.
Enjeux financiers et environnementaux
Après être revenu à la profitabilité en 2025, Le Slip Français a déclaré un chiffre d'affaires de 21 millions d'euros, en hausse de 16 % sur un an. La direction table sur une croissance annuelle comprise entre 5 % et 10 %, portée par la réactivité des circuits courts et la mutualisation des coûts industriels.
L'intégration industrielle permet, selon la marque, une maîtrise des coûts de revient et une sécurisation des approvisionnements. Elle ouvre aussi des opportunités sur le marché de la grande distribution : les partenariats avec Carrefour, E.Leclerc, Intermarché et Système U représenteraient aujourd'hui 8 % du chiffre d'affaires.
Sur le plan environnemental, la gamme Fier(T) affiche un bilan réduit selon la méthode ADEME : 440 points contre 779 pour un produit équivalent sourcé au Bangladesh, un argument mis en avant auprès des clients B2B.
Un marché national à conquérir
Le Slip Français vise un segment domestique important : la France vend environ 434 millions de t-shirts par an, dont seulement ~3 % seraient fabriqués en France. En appuyant sa montée en charge sur des lignes spécialisées, le groupe, qui emploie 57 collaborateurs en direct et soutient plus de 300 emplois via 80 ateliers partenaires, cherche à capter une part de ce marché tout en garantissant qualité et traçabilité.
Conclusion
La troisième unité B2B du Slip Français matérialise une stratégie industrielle claire : segmenter les sites pour gagner en efficacité opérationnelle, réduire les coûts et répondre à une demande croissante en produits « fabriqués en France ». Comme le résume Laetitia Lamari, il s'agit d'un focus assumé sur le B2B et d'une preuve tangible de l'hyperspécialisation engagée par la marque.